• D’une vipère aux crocs…

     Alice Massénat 

     

    D’une vipère aux crocs de ma fièvre
    s’éclipsait ce lugubre épars
    le rire fou était fidèle
    noir

    La cornée vagabondant jusqu’aux miasmes
    d’un coi outre mesure
    Le sang se cristallisa, l’apocalypse n’était plus qu’un rat
    Et dans mon étiole hagarde
    le couteau vibrait de son écrin aux plumes d’acier

    Le tranchant était là,
    ma haine ne fit que croître
    qui de l’absence ou du paraître l’emporterait

    Crier
    hurler mes ongles aux parois de fortune
    le corps bouffé d’heurs
    à dire le vrai je n’étais qu’une vulgaire écharde
    qu’on recouvre d’un drap de suif
    et parmi ces échancrures
    le tu s’éloigne à outrecuidance

    Taillader mes veines aux pirogues
    éclater d’ici au beffroi
    impassible
    ne crachant plus rien d’autre qu’un feu iconoclaste

    Le cerveau se meurt
    et je pars plus loin
    aux écarts de l’autre

     Alice Massénat  (7 juillet 2012)


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  • Commentaires

    1
    Mercredi 17 Juin 2015 à 05:47

    Toujours surprenante, l'utilisation du vocabulaire, les adjectifs deviennent noms, laissant le choix au lecteur d'opter pour celui qui lui convient.


    Il est vain de chercher un sens littéral à tous les vers. Pour apprécier (et j'apprécie) les poèmes d'Alice Massénat, se laisser guider par les sons. On ressent alors la force, la violence qui dictent le poème, la difficulté mais aussi l'attrait à côtoyer l'humain.  



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