• L’Estaminet en épitaphe

     Alice Massénat 

     1

    Je voudrais dire ces râles qui ne seront plus

    en deçà du sang qui cogne

    la faux sculpte nos désarrois de corps

    jusqu’à n’en plus croire

     

    Rien n’a plus de sexe

    sinon le lacustre en outrecuidance

    Violée

    outrepassée

    cette minerve aux morts fauchés

    qui ne tiendrait qu’au balbutiant

     

    Je lui dédie mon matricule, mes secousses et nos orgasmes

    seules incartades au miroir

    avec l’uppercut de circonstance

     

    Haïr est un luxe

    les pavés s’étouffent dans leurs pléonasmes

    et de ces villages aux crocs indignes

    je coupe par mégarde

    les ailes d’un cerveau

     

     2


    Pourquoi cet équarrissage

    avec mon  lui sans plus

    à bris de courroie

     

    S’endormir là sur mes coutelas

    qui s’innervent à la potence

    Me torturer ces fouilles qui ne viennent pas

    et en faire un cauchemar

    tout sauf rugissant

    Le paroxysme dans un clos éperdu

     

    Dites-moi qu’une voix est

    haranguant la foule de ses viscères

    perpétrée

    à la mort d’icelui

    Crever plutôt que ces murmures patauds

     

    Dites-moi

    que la folie séquestrée s’écorchera quelque jour

    Dites-moi ce que je fous là

    à taire outrageuse

    un silence de blasphème



    Alice Massénat

     


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  • Commentaires

    1
    Arcturus
    Dimanche 17 Mai 2015 à 23:03

    Poème sublime, où se joue le tour de force de dessiner la rage en épure, ou à vol d'oiseau. 



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