• Le Pantoun de Koütshing mort

    René Ghyl

                    Koütshing, — chat au nom de Java...


        La nuit dans le temps, ainsi qu’un trou…
    — Un pin résonne du vent de soir de lune.—
        La mort va par le travers de tout‑:
        en ton esprit la vie était une.

        L’été est épars du vent qui gèle…
    — Un pin résonne du vent de soir de lune. —
       En ton esprit, la vie était une
       et la mort t’a départagé d’elle…



                               * * *



    En les lunaires et noires plantes, moitit
    un goût qu’avait la proie en la sente première.
    La mort plus noire que tu n’es, est, mon petit‑!
    l’envers humide et strangulant de la lumière.

    Un goût qu’avait la proie en la sente première
    s’en revient en la nuit qui miaule serrément.
    L’envers humide et strangulant de lumière
    tu le lent-traversas d’un éternel moment.


    S’en revient en la nuit qui miaule serrément
    un petit être qui ne veut tout seul, mourir...
    Tu le lent-traversas d’un éternel moment
    l’étonnement où tes pleins grands Yeux, s’appauvrir


                              * * *


    La maison devient large à qui s’en aille, et vide‑:
    Les murs s’éloignent, hauts d’un mutisme étranger.
    Tu t’étendis soumis et long, dans l’air rigide‑:
    ta tête dans ses souvenirs peine à durer...

    Les murs s’éloignent, hauts d’un mutisme étranger
    délaissant davantage un pauvre être aux Yeux sages.
    Ta tête dans ses souvenirs peine à durer
    il passe en toi, de huit années des images.

    Délaissant davantage un pauvre être au Yeux sages
    tout Hier se hâtait de n’avoir pas pitié‑!
    Il passe en toi, de huit années des images
    et de tous mes visages la même amitié…

    Tout Hier se hâtait de n’avoir pas pitié‑:
    la vie était la vie où rien ne se termine.
    Et de tous mes visages la même amitié
    dans des songes te soulevait vers ma poitrine‑!

    La vie était la vie où rien ne se termine
    et les eaux vont plus loin que leurs moments taris…
    Dans des songes te soulevait vers ma poitrine
    ta mémoire des maux tout près de moi guéris…

    De la lune le lever stagnant et hagard
    montait des temps de tous les pantoiments humains.
    Toutes les âmes s’amassent en ton regard‑:
    et moi‑! qui n’étais là pour te donner mes mains.


    Montait des temps de tous les pantoiments humains
    le vent de gel, parmi les mœlles et les prés.
    Et moi, qui n’étais là pour te donner mes mains...
    où s’agripper tes ongles qui glissaient, — rentrés‑!



                                  * * *



        La nuit dans le temps, ainsi qu’un trou…
    — Un pin résonne du vent de soir de lune. —
        Au pied du pin, en elle et en tout
        t’a la terre lente, qui est une…



                                 * * *



    Les Yeux qui nous ont vus sont nos regards posthumes.
    Entre les mains, l’étreint émoi reste mouvant...
    Vers mes assentiments tristes sans amertumes
    te soulèvent mes mains qui te sentent vivant‑!

    Entre les mains, l’étreint émoi reste mouvant
    tapi dans la lenteur du temps moite et muette.
    Te soulèvent mes mains qui te sentent vivant —
    et ma tête s’appuie à ta petite tête…

     


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