• Le Wagon à vache (G. Hyvernaud)

     M. Lochu

     
    Georges Hyvernaud, Le wagon à vache 
    Pocket, juillet 2002.

    Le Wagon à vache (G. Hyvernaud)Sortie toute fraîche en pocket de l’autre chef-d’œuvre, après La peau et les os, de Georges Hyvernaud. En nos temps de couillonnade téléguidée où traîne, rance, ineffaçable, ce parfum de médiocrité qui ajoute un trait au charme vil de l’humanité veule, une lampée du Wagon à vaches pourrait en revigorer quelques uns parmi les plus fines bouches. L’exergue de Stendhal introduit idéalement le livre : Je ne choisis pas mes amis. Le narrateur nous rapporte son quotidien d’après-guerre, restituant les conversations de ses “amis”, c’est-à-dire de ceux qu’il est amené à supporter. Son statut d’ancien prisonnier stimule la curiosité. On voudrait qu’il se dise, mais lui n’est pas bavard. Il écoute “le petit bruit obstiné que fait la vie.” Rarement les bipèdes n’auront été vus aussi près de l’insecte. L’auteur est sans espoir sur ses congénères, sur lui même. Meurtri par la guerre, certes, mais pas seulement celle des bombes ou des désastres, aussi et surtout celle qui se tient toujours prête dans la petitesse des êtres mesquins et jaloux. Vous et moi.

    M. Lochu
    Le Mouton fiévreux (2e série) n°3, 2002 

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