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nuit du 15 juin 2009 (carnets 1988-1989)
Par jcleroy dans Carnet de veille le 15 Juin 2009 à 03:26
Où en venir, à force de ne rien faire arriver ?
Je ne sais jamais où je suis. Tous les lieux choisis me semblent des équivalents. Double espace, mesure de temps, mesure de rêve
Sur la scène, côté jardin secret ou côté cour des miracles, reniflent les pantins de l'absence.
Ici je ne manque de rien, pourtant il me faut sortir.
La tendresse, comme l'eau liant les grains de la farine. Ne pas se moucher dans la galette.
Au moment d'aimer, accepter le monde tel qu'il est.
Contourner les ombres, traverser les chairs… Se démasquer sans cesse plutôt que cultiver le mystère, comprendre ainsi que ce mystère est fondé.
Pour seul culte : l'amitié. La sagesse serait de savoir qui on aime et pouvoir/savoir justifier cette amitié à tout instant. Pourfendre.
Renoncement, base d'ouverture.
Silence gémissant à l'affut des sirènes. Le paisible plaisir que j'aurais à mourir dans les bras de mon amour.
Fêtes réelles, parce qu'intimes.
Rêveuse, intelligente. Intense, violente. Fermée, secrète. Nerveuse, douloureuse, silencieuse. Rêveuse, donc intuitive.
Plongée dans mon adolescence. Invitation à la mort violente.
Ne pensant jamais à demain. Sage en amour, éternel au jour le jour.
Elle décidera vite. J'en mourrai.
Tous planqués, sans saisir le mouvement de la paupière géante. Aucune contradiction, aucun paradoxe, rien que la distorsion.
On croit décider alors qu'on exécute.
Incapable de penser l'avenir. La sagesse d'un vieil homme dans un corps de 27 ans. Bientôt dans une prison ou suicidé.
Rendre au baiser sa fonction de créer Dieu d'un seul tenant. Dieu qui existe, à l'usage.
À ce point de l'ennui où aimer ne veut plus rien dire.
Refaire l'histoire enfantine. Substituer à la perpétuité des soupirs un bouquet d'orgasmes, éternel.
D'un pur crachat dans l'ocre, inverser l'horloge des poitrinaires.
Quand se partagent les ennemis, je t'endors, tu m'endors, le sommeil veille.
Tu brises tellement le sol.
Le comique est de situation. L'humour prend distance. Le corps les rattache.
Se savoir avant de se connaître.
Le jour tellement loin. La nuit, tellement là.
Souffler l'incendie qui menace la maison endormie. Regretter la flamme.
L'insondable tyrannie que parfois nous désirons pour l'autre. De l'éprouver ?
Si la révélation n'était que la conscience du « peut-être ». Et si pourtant le « peut-être » venait après la révélation.
Extraits du corps : composition extrême… Quand se partagent les ennemis je m'endors en toi… Ne jamais se défendre.
Rêvé que ma mère se suicidait à cause de moi. Je n'ai pas eu peur. J'étais certain. Un soir un homme a voulu la venger. Il avait une arme, c'était un jeune citadin. J'ai écarté les bras, je lui ai dit : « tire, paysan ! », avant de mourir.
Notre raison de vivre s'invente chaque jour dans la vibration de l'air et meurt chaque nuit dans le sommeil profond, noyée d'avance, abandonnée.
Cette hypersensibilité à certains moments de l'amour, après beaucoup d'amour, et que le sexe et la peau deviennent émotion pure. Sensitivité d'avant naissance.
« Seule une image peut nous enchanter sans réserve ; un homme ne le pourra jamais. C'est là l'origine des anges. »
Élias Canetti (Le territoire de l'homme)
Comme la pluie continue de découdre l'hiver, l'aiguille des heures indique les moments du repas, du silence, du regard, mais rien n'empêche le jour qui passe de peser autant que tous les jours d'avant réunis en lui.
Rien que les serments prêtés sur les scalps de vieux hiboux maléfiques peuvent redresser l'indice de vérité. Toujours et encore le sommeil a ses lois silencieuses. Chaque geste se déguise pour tromper l'inconscient.
Tremble la terre quand sonne le réveil dans la glacière. Toujours fuir les opérants, jusqu'à se retrouver seul, dans l'insolence du recul immobile.
Des voix pures prophétisent la purulence. Frères saumons, pourrons-nous rejoindre à temps les ruisseaux de l'enfance commune, briser les fenêtres avant les portes, éloigner tous ces marauds et nous écouter vieillir en paix. Désirer mourir comme au bout des époques. Envoyer la même lettre à cinq amis éparpillés. Dans les cruciaux instants ne jamais prononcer le mot « renoncement ».
Chaque silence est le brasier d'un ailleurs, une présence aspirante.
Érotisme, exégèse de l'ennui.
Rien à lui dire, tant j'ai l'impression qu'elle est déjà de mon pays.
Accouplement, ouverture – deux corps silex inventent le feu qui convient… Nous cultivons l'érotisme pour mieux vouloir la mort heureuse.
Je ne sais voir
mais je devine
le squelette de la blonde
Pourvu qu'elle s'étrangle
dans ma mort.
Et tout finit.
La douceur.
Se souvenir pour donner raison. Le criminel paie aussi de sa personne, il est son propre démon.
Le premier qui voulut mourir. Le premier prophète.
Tu t'évades inlassablement d'un même condamné à mort. Tu fonces dans le champ d'une euthanasie naturelle.
Laisse le fantôme déguiser ta chambre. Si déjà tu le vois, il peut te surprendre encore. Trop savant des choses incertaines il ne dira rien contre toi. Sa main de poussière jettera dans l'âtre dix branches de rosier. Quand les fleurs sur chacune s'ouvriront, ton âme sous la braise parlera pour toi la langue que Dieu signe.
Dieu est bon. Il estourbit les chacals, puis il s'arrange pour qu'il y en ait d'autres.
Savonner l'estomac des pauvres, ils ont toujours faim. Revendre les bulles avec estampille. La morale des banquiers tue aussi les rieurs chauves.
Je ne tolère d'ivrognes que les solitaires.
Rédiger ces notes. Politique de la terre brûlée.
La psychologie rassure les non-voyants.
Se soumettre à quelqu'un plutôt qu'à une habitude.
« L'humanité meurt de ce dont elle s'interdit de vivre : du sexe. » Karl Kraus
Ramper dans la boue. Boire l'urine des charretiers comme un champagne, un salut. Ainsi prévenir l'entaille faite à la terre.
Regarder le ciel peut suffire au vertige.
La bouche pleine d'une bouche sombre, le sang plein d'un sang d'ombre. Les yeux humides dans l'amour. Intelligente jusque dans l'amour, et le monde toujours là, infini, qui attend de cueillir le sourire des amants calmes.
Les livres m'aident à vivre, comme n'importe quelle habitude. Dans un mouvement fier j'ai pensé mettre le feu à la bibliothèque, et j'en fus incapable. Soir d'ombre quand je me suis brûlé les yeux.
Je devine la sentence. Mais qu'ai-je fait ?
J'ai fait le sourd. J'ai fait l'insoumis. Quand j'ai quitté l'école et que j'ai fui l'église il n'y eut personne pour me tenir la main. Quand j'ai laissé mon travail et que j'ai touché un ventre, une liqueur me refoula, un œil dans mon cœur J'ai voulu marcher droit dans un couloir et sauter cette fenêtre au-dessus de la ville mais une lumière s'alluma et je criai dans moi-même en pleurant : « J'étais, je suis, je serai seul »
Quand l'armée m'a appelé je n'ai pas entendu, l'on m'a condamné par défaut et je devins inexistant. Tout le monde avait gagné. J'enfantai des amours, j'usais mes dents sur des cheveux, je perdais la mémoire, devenais l'instrument parfait d'un destin fumeux, d'une douleur à vivre.
« Je pense à la femme comme au suicide. » Cette phrase d'André Baillon résonne curieusement en moi, comme un avertissement, une piste.
Des chiens qu'on traiterait comme des hommes, au point qu'ils en prendraient ombrage. Des chiens qui recommenceraient à se taire.
Filtrer les images comme le café, avec un arc-en-ciel entre l'objet et le voleur.
« La folie n'est qu'un chagrin qui n'évolue plus. » Cioran
Des hameçons dans l'assiette
condamnent les paupières closes
à courir dans le potage
Le hareng pendu à l'oreille du sourd
déploie ses nageoires
au-dessus des eaux mortes
Guetter les souvenirs comme des proies. Les dévorer plutôt que les enfouir.
Le jeu, c'est toujours un rapport avec l'abîme. Ne pas jouer à jouer. L'ivresse dans le jeu déploie l'inconsciente vertu qui permet au temps de durer à l'intérieur. Et il feint de n'être qu'un horizon, au lieu d'un dérapage.
Les dispendieux encouragent l'air dans leurs poches. Percuter l'offrande.
Demain est invisible, comme après. On voit trop tard.
Comme un sablier, j'attends d'être renversé. Et sentir le sang monter à ma tête, lourde comme du plomb.
ton alcool ressemble à cette urine
marquant le territoire des fauves
le miroir tombé renverse la branche
neige collée aux vertèbres de glaise
la main du dieu achève, supplie.
Je ne me sens jamais regardé. Mon corps n'existe pas, se fond. Moi c'est le rêve.
Chercher par tous les moyens une vie domestique fait pencher l'homme vers l'animal de compagnie, ou vers l'animal de boucherie, selon le sexe qu'il se choisit. Et le sexe ne dépend pas du sexe.
Se recueillir au gré de l'ombre. Une créature a inversé mes aimants, depuis lors je vieillis vers ma naissance, la griffe de l'inconnu.
Première bougie, tout s'allume. Le front s'enfonce au cerveau, nuit de la raison.
L'abîme attend le premier de cordée une montre pendue à son cou.
Laval, dans la rue des Déportés, ce bonhomme avec un chapeau sur le crâne, il achète les 12 francs qu'il demande avec le récit de sa vie. Et il supporte bien le regard sur lui. Les passants passent, enfantent des enfants sans tête, des creux à l'estomac, des ventouses avorteuses. Indifférence sublimée, indispensable. Ce bonhomme rend tout son malheur de peu. Il veut rejoindre Perros-Guirec, lui manque 12 francs pour payer le billet du train. Il demande 12 francs à ceux qui ralentissent,
Homme tangible, assuré de ses crimes.
Il n'y a d'humains vraiment bons que coupables.
Si je savais ce que je pense, je saurais à quoi penser encore.
Pourquoi ce mimétisme quand on a chacun son rêve
Ce moment où l'on découvre le seuil de la souffrance qu'on pourra supporter.
Infante et passerelle
Anémique sibylle
La rumeur ne craint pas les sentinelles
Arrive sentiment, le jour est mis
Un dieu dévore mon trou du cul
Une aube descend la promise
Mon visage comme une lame aiguisée qui sort du manche quand il faut bien répondre à des questions. Sinon je n'ai pas ma tête.
Le sommeil a une âme de propriétaire.
Je n'ai pas de souvenirs. Des sentiments trop parfaits.
À trop s'ouvrir on se referme sur soi par derrière.
La voir jouir au milieu des phrases qui s'écartent autour du plaisir, comme des lèvres évasées. Ne vivre que pour ces moments-là.
La ficelle se casse
je baise ton con
la course est la course
« Dieu n'en a plus pour longtemps » dit l'homme en se laissant mourir. Ce qu'il faut être bête !
Orgasme, anti-mémoire. La femme ne se souvient pas, elle est le parcours.
Toute « vérité » dicible est une ironie, double fond du langage..
« Gagner l'éternité sans risquer, c'est une fois pour toute impossible.
Mais risquer, c'est tout simplement n'avoir personne d'autre qui nous précède. » Kierkegaard (Journal)
Je vois des visages, je désire, je m'impatiente, je mesure les écarts, j'évalue les possibles, la tendresse. L'amour, commissaire du temps ?
L'eau ne donne vraiment son eau qu'après la soif.
Conversation amusante avec le gardien du cimetière. Je sauve pour quelques années la tombe abandonnée de Jean Guyau, père de Jean-Marie.
Je prends pourtant soin de ne pas mourir.
D'où vient le ciel, émanation subtile ? Si la terre avait un chapeau, la nuit.
Compagne de délivrance, jamais délivrée. Je serre les liens.
Malgré les dents le sourire baise profond.
Il y avait tellement de poches qui se vidaient comme des vessies dégoulinantes et chaudes que j'ai cru à une cascade de monts de piété, à un concours de charité. Ça donnait de tout bord, les plus avares offraient leur chemise et leur cul, il pissait des culs comme des gouttes sous l'orage. D'autres, plus pudiques par nature, s'étaient tranchés la tête et la lançaient à leur voisin en prenant un air soulagé. Je vis même un curé nègre, sorte d'intégriste oublié qui se jeta dans un feu servant à réchauffer les pieds d'une vieille prise par le froid. Seule cette vieille était intègre. Je devinai son for intérieur, elle s'amusait terriblement dans ce carnage incroyable. Qu'est-ce donc qui avait poussé tous ces villageois à se mutiler de la sorte ? De quel collectif suicide se réclameraient les quelques survivants de ce drame picaresque ? Comment comprendre le rôle de la grand-mère qui riait de plus en plus fort ?
Je crains le feu. Détachez-moi.
Je ne suis pas à toi. Je ne crie jamais.
« Le devoir de l'homme seul c'est d'être encore plus seul. » Cioran
Je n'imagine pas un assassin bavard, ou inconscient.
Chaque fuite est un retour sur soi, on ne s'évade pas à plusieurs.
Le talent : être soi-même pour tout le monde ou personne, indifféremment.
Rien ne dissout le silence comme le bruit de la mort. Qui sommes-nous donc pour croire qu'il y a encore un « bout du monde » ?
Lorsque je suis plein d'une bonne fatigue je devine qu'une guerre interne n'est pas permise. J'adopte alors la position la plus favorable au sourire de l'esprit. Une fois sans défense je me sens le plus libre et le plus clair.
Le couteau dans la plaie m'arrache une cigale.
« En mourant tout homme devient auteur – il a sa propre mort, bien que celle-ci ne se distingue en rien de celle de tous les êtres sans en excepter les animaux. Telle est la dernière épreuve que chacun doit passer. » Ernst Junger (L'auteur et l'écriture)
Il y a quelques minutes j'étais dans mon sommeil encore et j'écrivais mes rêveries qui s'encraient au fur et à mesure dans ma tète. Maintenant que mes yeux sont ouverts, que reste-t-il de cette perfection clignotante ?
L'artiste se sait impuissant et aime son impuissance. Il sait se rendre heureux dans cette incapacité éprouvée, navigue à l'intérieur suivant sa science particulière.
Quelquefois, avant de dormir, je sens que c'est à ce moment-là que je pourrais écrire, que ça viendrait, mais l'effort de prendre un stylo et d'ouvrir un cahier pourtant disponible est le plus souvent insurmontable.
Je mesure mon amour à son pouvoir de m'ouvrir le monde, de me le faire accepter en tant qu'une aventure positive et fatale, car je suis alors délivré de mon affectivité.
Contre le néant, l'émotion… Absoudre qui prendrait l'extase pour un dénouement.
Vagin d'une évanouie, dictant son message. La pleureuse se laisse vaincre, tremblante, humide. J'ai beaucoup craint l'hiver, beaucoup dévisagé mon armure.
Dans le jeu on s'adresse spécialement à ce qui va mourir. La mort dénonce pour l'esprit.
Le criminel – l'amoureux – paye de sa personne, il est son propre démon. Il se souvient pour (se) donner raison.
Douleur se réveille, au moindre attouchement. Il faudra vider son cœur, lui parler. Ou lui écrire. Garder le fil, en secret.
Perdre son sang sur la route. Marcher entre les cuisses du géant. Somnambule jusqu'à la raie des rails.
Supprimer tout l'attirail, dormir sur son fumier, son pelage, se faire battre, ne plus entendre.
Ce monde trop petit et trop grand. Content d'avoir vécu, jamais de vivre. On ne découvre rien.
On ne peut dire qu'à ceux qui déjà savent.
C'est peut-être parce qu'il n'y a pas d'amour qu'on épouse. Épouser n'importe qui, n'importe quoi.
Vieillir, s'habituer à son corps, lui laisser peu à peu la place.
Si j'ai peur du silence, je ne crie pas, j'ouvre les yeux, et c'est alors la première fois que je vois. Tout semble se découdre à l'instant même où tout se tient.
Ensemble
nous avons fatigué bien des chevaux
usé la parfaite habitude
maîtrisé tiers compagnon
voulu voir la mort
nous sentir vivre
Ensemble
si près
quand la douleur est renversée
Se laisser vivre, non pas se laisser faire.
J'ai vécu longtemps quand j'étais jeune.
Dans le journal de Gide, ce passage où il parle de sa voix qui vieillit, qu'il ne peut moduler ou forcer comme lorsqu'il était plus jeune.
« Il n'y a pas de naissance pour aucune des choses mortelles ; il n'y a pas de fins par la mort funeste, il y a seulement mélange et dissociation des composants du mélange. Naissance n'est qu'un nom donné à ce fait par les hommes.
Quand les éléments mélangés viennent à la lumière du jour sous forme d'un homme ou d'une bête sauvage, ou d'une plante, ou d'un oiseau, alors on dit qu'il y a naissance, quand ils se séparent, on emploie le mot de mort douloureuse. Mais ce nom ne se justifie pas, et pourtant moi aussi je suis en ce point la coutume. » Empédocle (De la nature)
« Je suis autodidacte et comme tous les autodidactes je ne tire jamais rien du fond général mais tout de mon fond personnel à chaque instant. » Antonin Artaud
Car j'ai appris qu'il faut protéger le sort, j'obéis à n'importe quoi, à personne.
J'appelle l'ogre, je deviens fou en lui. Il ne m'a jamais vu, il m'étreint.
Louis Picard demande à Alain Gerbault pourquoi il quitte toujours clandestinement les îles, dans la nuit. Il répond que, si chaque fois il attendait le jour, il n'aurait jamais le courage de partir.
Quand, en 1941, Gerbault arrive à Timor, le capitaine du port lui lance : « Vous êtes un nouvel Alain Gerbault ! ».
Un samedi à Laval. Difficile lever, il y a eu ce coup de fil hier soir qui m'a bouleversé au point de crier à la solitude. J'ai marché dans les rues tendu comme mes poings serrés. Un type en fauteuil roulant n'a vu que ma silhouette et non mon humeur, il m'a demandé de l'aider à rentrer chez lui, nous avons traversé la ville, moi poussant son fauteuil roulant et lui me parlant directement de sa vie de handicapé. Ensuite, chez lui, il a su me dire en peu de temps ce qu'il faut dire à toute heure, il a su lancer son appel comme la plupart des gens, dont moi, ne savent jamais le faire, crétinisé par leur bonne santé.
« Surhomme: ce n'est rien d'autre que l'homme assez convaincu de son innocence pour se fier à son désir. » Dionys Mascolo (Préface à L'Antéchrist de Nietzsche)
Ceux qui courent, ceux qui attendent : il me semble que ce sont les mêmes. Marcher est le bon rythme. Pour être à l'heure à tout moment. N'importe où.
Quand les hommes crient je découvre que je suis dans un cercle. Je m'éveille, c'est le matin. Vers midi je franchis la ligne. Bientôt je titube, incapable de me conduire au milieu des hommes. Alors, épuisé bien avant la nuit, je trace un nouveau cercle autour de moi, puis je me couche et je m'endors.
J-C L, in Carnet 1988-1989.
Tags : jean-claude leroy
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