• Perspective oscillante (Patrice Thierry)

     Patrice Thierry

    Perspective oscillante (Patrice Thierry)Sans doute sommes-nous maintenant loin de tout mensonge, loin de tout espoir, de toute surabondance. Des gorges de clarté aux rives vivantes de la peur, encore fallait-il ce labyrinthe à la tombée du jour et ce détournement des forces obscures pour joindre en une seule éme­raude éperdue l’âme de ces rumeurs, de ces dispari­tions furtives dont nous ne sommes que les otages consentants.

    Sans doute fal­lait-il ne craindre aucun déséquilibre entre l’émer­gence des sortilèges et le pouvoir oblique des Sacrificateurs.

    Trois enfants aux cheveux de lumière entourent une femme mourante et l’offense de l’avenir dans le duel de leurs sourires instrumen­taux semble inscrire l’u­nanime vérité de la beauté sans mémoire. Aux bles­sures ouvertes de la femme s’articulent des hirondelles bleues vivant traçant de leurs becs des arabesques  de verre, amplifiant entre l’absence et le regret au cœur des teintes crépuscu­laires l’essentielle incan­descence des salamandres de l’agonie.

    Cette passion d’attente écartelée aux migrations ultimes du rêve ancien ; cette passion mo­bile, inattendue, semblable à la crucifixion du jour dans les prunelles de l’Aimée, comment ne pas y voir se dessiner ces fougères assassinées, ces ailes dé­chirées au givre léger de la profanation. Semblable aux neiges inaltérées du sou­rire, aux signes que les oi­seaux nomades inscrivent aux cieux sans mémoire te voici advenue et souveraine exigence de passion, dé­ployant devant moi les signes enchaînés de la peur et l’importance des arbres déracinés afin que naissant d’une parcelle de Toi, j’exulte en mon désir de toi ô Terre Mélodieuse.

    Décrivant d’un regard la Ruisselante à perte de vue, fuseau de vent diaprant ton regard, affolant ta chevelure, l’Heure propice au songe foudroyé hissant l’homme jusqu’au signe favorable réitère l’Urgence harassée de blancheur.

    L’évidence nup­tiale précédant le partage de l’arc-en-ciel invente aux vestiges de l’Accidentel cet anneau de silence im­périal où se rescèllent les mystères où se disjoignent les oiseaux.

     

    Patrice Thierry 

    photo Patrice Thierry par  © jean-david moreau

     

     

     

     


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