• Requiem (extraits)

     Jean-Paul Hameury

    LA SOLITUDE AUX CONFINS

    EST SANS CHEMIN.

    QUE DIRAI-JE LÀ-BAS

    QUAND LE MOINDRE MOT

    ARRACHE LA LANGUE ?

     

    DONNEZ-MOI DU RÉEL

    UN PAN DE RÉEL SI DUR

    QU'IL ME SOIT ACCORDÉ

    DE SENTIR ENFIN

    CE QUE VEUT DIRE EXISTER

     

                  ***  

      

    Tant qu’il me sera accordé

    de donner nom et forme

    à ton absence, tu resteras

    sur le seuil où se croisent

    ceux qui entrent

    et ceux qui s’en vont.

     

    Mais quand seront décolorées

    les images et sans force les mots

    tu t’en iras sans te retourner.

     

    Dans la maison, alors

    je fermerai fenêtres et portes

    et tenterai d’oublier

    le dehors trop vaste.

     

               ****

      

    Quelle que soit la forme impalpable 

    que ton absence ait prise, 

    cette forme est chose d’ici. 

    Nulle part sur une balance 

    ton cœur jamais ne sera pesé, 

    et nul dans un autre monde 

    ne pourra dire pour te défendre 

    qu’ici tu fus juste de voix.

     

    Seuls ceux qui demeurent 

    savent de quel côté 

    tu fis pencher le fléau. 

    Que ceux-là n’oublient pas 

    – pour le monde, pour eux-mêmes – 

    qu’il n’est jamais trop tard. 

    Qu’à chaque instant ils songent 

    à dire la juste parole.

     

     

    Jean-Paul Hameury
    extrait de Requiem

    Coédition Thierry Bouchard-Yves Prié, 1994
    Site des éditions Folle Avoine
     

      


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