• Résident secondaire

       Jean-Claude Leroy

    dehors, le grand dehors
    c’est pas une carapace
    ça plaide à contre-corps
    ça prend et puis ça cass’

    crise du logement
    la crise organisée
    chacun pour soi dedans
    dehors c’est des ratés

    fermé à double tour
    endormi sous alarm’
    l’appartement est sourd
    au milieu du vacarm’

    espace inoccupé
    il n’est que possédé
    il avale la plac’
    d’un pauvre qui trépass

    combien sont-ils, combien
    ces biens, tous ces palac’s
    dits secondair’s de rien
    pris à ceux qu’on efface

    qui ont aussi rêvé
    de vivre tout entier
    mais sans y arriver
    jouer n’est pas gagner

    trop de cartes truquées
    et même plus un toit
    alors sont tous traqués
    par les flics et le froid

    espace inoccupé
    il n’est que possédé
    il avale la plac’
    d’un pauvre qui trépass’

    comment t’appelles-tu ?
    sans papiers, SDF
    sans profit, sans vertu
    cent pour cent pas bézef

    mourir abandonné
    dans une rue éthiqu’
    mourir éliminé
    c’est quoi cett’ république ?

    les quartiers insensibl’s
    où les nantis se hiss’nt
    un jour seront la cibl’
    et ce sera justice

    espace inoccupé
    il n’est que possédé
    il avale la plac’
    d’un pauvre qui trépass’

    résident sur la terre
    résident secondaire

     



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  • Commentaires

    1
    Hélène L.
    Vendredi 24 Décembre 2010 à 11:35

    Un bien beau poème pour tous les gens sans toit et les oubliés du système.


    Que cette nuit de Noël qui approche apporte de la chaleur à ceux qui n'ont rien et ôte de l'égoïsme  et du cynisme à ceux qui ont tout.


    Joyeux Noël !!!


     



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