• Robot-Coq

    Alain Jégou

     
     La vie tranquille n’est plus de mise
    En ces temps d’excitation gloutonne
    D’avidité turpide
    De transports chafouins et obscènes
    Bourrés d’idées reçues
    Et d’opinions sagouines
    Qui impulsent les êtres
    Au bord du précipice
     
     
     
                                        1
     
    Les yeux enfoncés dans la glèbe
    La gangue absorbante et gluante
    Qui souille et déprave
    Toute ce qu’elle touche
    L’humain baderne ses envies
    Déclenchées à heures fixes
    Ses rêves de pouvoirs flous
    De reconnaissances tangibles
    D’honneurs
    tamponnés
    Sur son poitrail larbin
    Il raffole prend son fade
    Aux accents nourrissants
    Du ahan collectif
    Du rite clanique
    Qui lui bourrique la tripe
    Et fait bander
    l’orgueil
    Minable et disgracieux artifice
    Qu’il prend pour une hampe huppée
    Un étendard standard
    Aux fonctions harmonieuses
    Et mission rassembleuse
     
     
     
     
                                        2
     
     
    L’esprit abruti emberlificoté
    Dans sa cotte de bure burlesque
    Le mec high-tech
    A les burnes halitueuses
    Et le sourire juteux
    Fatras d’hypocrites
    attitudes
    Souillant son cortex affolé
    Il suinte sous l’effort
    Et gamberge halieutique
    Lorsqu’il doit faire son choix
    De tics valorisants
    De propos justifiés
    et de regards bluffants
     
     
     
                                        3
     
     
    Goinfre de tous rapports
    Et rédactions oiseuses
    Sécrétions burlingueuses
    qui lui font bruire la tripe
    Gratte-papier
    Tête de nœud
    Graine de naze
    Aux états de sévices
    Impecs et sans bavures
    Rictus conforme
    Scotché aux commissures
    Menton carré et port altier
    L’assurance smarte
    Affichée dupliquée
    Sur la pupille macaque
    Le mec zélé
    Sûr de ses avantages
    Dans son rôle d’empaffé
    Promu et encensé
    Plastronne tout son soûl
    Et fait baver le poulot
    Toute la valetaille caquetante
    Qui tapine sous ses ordres
    Au pied du tas de fumier
     
     
    Alain Jégou
    in Tiens n°10, 2002.
     

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