• solitude sans plus d'écho

    Jean-Claude Leroy

                                                                        

       

    solitude sans plus d'écho
    sans plus de sens
    avec plus rien à construire à l'intérieur
    avec ce grincement à la place
    et cet aperçu du gouffre
    sur lequel on se penche
    avec vertige et vestige à la place des bras
    tord-boyau à la place du ventre
    minuteur à la place du cœur
    et un feu dans l'estomac
    où s'allume n'importe quoi
    les deux jambes sont à genoux
    d'avoir trop tremblé
    de fièvre et d'inaccomplissement
    les deux jambes qu'on a perdues
    d'être immobile au-dessus des mots qui restent dans la gorge
    les ongles dessinent des coupures sur le putois qui chasse
    les terriers sont occupés par des espèces disparues
    ça vaudra peut-être quelque chose un jour pour une quelconque fondation Pinault
    tous ces excréments de cinglés enfermés dans des grottes
    à ne plus rien dire pendant des vies entières
    à ne plus satisfaire l'instinct social
    sans rien faire de rentable ou de distrayant
    on en peut mais de tout ce cirque
    cette agonie qui circule en propagande
    on en peut plus du tout sans respirer
    rien qu'avec le mental se faire un monde vivable
    littérature, territoire, nuage
    solitude malade, du malade et du bon temps
    tout se confond quand c'est trop dernier solo
    trop dernier dans l'heure du devenir
    trop généalogiquement dernier
    trop dernier sur l'échelle des soupirs
    trop dernier parmi les derniers oubliés
    en terre comme les premiers hommes
    les tout premiers
    qui se croyaient déjà sans avenir
    au fond, c'est quoi ces millénaires ?
    ce temps perdu en chagrin et en attente
    ce mouchoir de poche où l'on a craché
    un clin d'œil d'on ne sait quoi
    à la barbe des hommes parqués en solitude
    c'est quoi ce cancer, cette évasion ?
    la prison des galaxies, un torchon gorgé de lumières
    que la conscience étreint dans sa douleur innocente
    une parturition volée au savoir, les bêtes savent,
    les pierres sauvages, l'océan, la distance
    la maladie en cours, agonie merveilleuse
    que soupçonne le trop dernier
    le respirant repus
    du fond de son trou à muets
    d'où surgit le grincement
    l'insignifiant peut-être
    du trop dernier
    parmi les repus résiduels
    toi, moi, notre culture aveugle
    la destruction au service du néant
    la prouesse de ce monde-là
    de sapiens sapiens
    perdu au fond du trou
    et grattant l'ombre
    avec ses ongles dégoûtés
    ses désirs irréels
    ses mauvais coups
    cartouches vaines
    le feu brûlé
    qui ne prend plus
    le feu brûlé
    l'espèce humaine
    l'espèce




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