• Tête de Hollande ou tête de Bachar

     Jean-Claude Leroy

     

    s’accrochant comme bernique à son palais
    le temps de faire d’une République un cloaque
    il faudra bien atteindre un réel irréel
    que soit possible ce qui advient
    supportable l’inacceptable
    la folie noire comme solution
    y a qu’à regarder l’inéluctable
    perdant la tête d’avoir perdu son corps
    pouvoir abandonné à lui-même
    (pardon du pléonasme)
    perdu dans des images infantiles
    jeux de guerre avec sensations fortes
    incapable de tenir une parole
    de simplement parler
    d’entendre les mots en dehors des discours
    d’entendre la parole qui tient l’être debout
    au lieu qu’il s'avachit sans cesse
    dans sa compromission vertigineuse
    Bachar inspirateur de Hollande
    qui ne renonce à rien de son hochet
    être là pour être là
    prolonger le pouvoir à tout prix
    confondu avec ce mal qu’on appelait le mal
    auquel on se résout soudain volontiers
    pour le meilleur et pour la mort de tous
    sauf de soi et des siens
    ceux du même clan
    clan de Bachar ou clan de Hollande
    la police raciste qui tue la différence
    entre roms, rebeux et « radicaux »
    toutes racines arrachées à la glaise
    en quinze ans plus de 130 bavures qui n’en sont pas
    et au moins 400 morts dans la rue en 2015
    SDF garantis 100% made in France
    et la guerre comme solution aux injustices
    miracle socialiste à la française
    depuis les tortionnaires colonialistes
    jusqu’au éborgneurs d’aujourd’hui
    assassins de la BAC
    « tigres » de la BSQ
    contrôleur par la force et la terreur de tous ceux
    à qui on dénie le droit d’exister
    les précaires de tout poil
    les fragiles
    et ceux qui sont sommés de l’être
    puisqu’il faut transformer les victimes en coupables
    c’est la charité chrétienne généralisée par les mafieux sans foi ni loi morale
    arborant la rose au poing serré sur le canon d’un fusil sans pardon
    des grimaces hystériques de Sarkozy aux grimaces trop lisses de Hollande
    la veulerie du monarque
    la veulerie des z’élus
    la veulerie des nantis
    faux aristos à breloques
    des z'élites zigzaguant au derrière des zélotes
    les affaires étant plus que jamais les affaires
    et partout sur la terre ce purin commissaire
    quand tous ces migrants sont des hommes en trop
    de la guerre à carreau à la mort aux frontières
    – mais on s’en débarrasse comment, de ceux-là ?
    demandent les prêcheurs sous serment
    l’avantage de Daech sur les migrants
    c’est qu’on peut l’écraser sans mentir
    car au fond il s’agit toujours de rester entre soi
    à dénier la vie des autres
    à ne connaître et admettre que le transit des conteneurs
    et des trains de marchandises
    se trimbalant par tératonnes de part en part
    quand sur mêmes chemins qui s’enfuit
    d’un pays ou d’un sort sans merci
    cette viande d’homme qui vient compliquer
    une circulation autrement si rentable
    c’est si compliqué à fluidifier, la viande humaine !
    – qu’en pense-t-il vraiment, Monsieur Hollande ?
    l’a qu’à demander à Bachar de lui souffler
    ce qu'est la viande humaine !
    ça se déchoit quand c’est pas d’ici
    quand c’est pas des nôtres
    pas de première couche à 100%
    Gaulois ranci de souche
    en attendant les apôtres

    en attendant les cris et les meutes
    et les meurtres des ennemis désignés
    par les cerveaux clabotant

    des nouveaux ku klux klan
    et la voix de Billie qui me revient
    « Southern trees bear strange fruit
    Blood on the leaves and blood on the root… »
    (« Des arbres du Sud portent des fruits étranges
    Du sang sur les feuilles et du sang aux racines… »)
    tête de Hollande ou tête de Bachar
    la politique c’est tout un art
    de survivre à tout prix
    200 000 morts en Syrie
    en France combien de crimes par omission ?
    l’indifférence comme loi économique
    « tu es sans domicile et sans intérêt,
    je ne te connais ni ne te reconnais ! »
    les mains écarlates de Bachar l’assassin
    le cœur sans émoi de Hollande l’« innocent »
    donnons la France à Bachar
    et la Syrie à Hollande
    on verra qu’ils sont pareils
    méticuleux, gestionnaires du temps, résolus
    sans scrupule et sans charme
    amoureux du sang et des puissants
    des temps de rigueur et de la carne
    quand la morsure des « sans-dents »
    sur leur cuirasse adamantine
    excite la fortune de Hollande ou de Bachar
    de tel ou tel tyran
    tel ou tel président.

    jcl, in Blog Outre écran, sur Mediapart

     


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